Une chronique pour les femmes qui ont appris à tout anticiper pour se sentir en sécurité… jusqu’à ne plus savoir comment lâcher.

Il est 7 h 12,

Ta journée n’a pas vraiment commencé et, pourtant, dans ta tête, elle est déjà presque entièrement déroulée,

Tu sais qui doit partir à quelle heure, ce qu’il manque dans le frigo, le rendez-vous qu’il ne faut surtout pas oublier, le message auquel tu dois répondre, ce que tu dois faire en rentrant, ce qu’il faudra prévoir pour demain.

Tu vérifies une dernière fois,

Les clés, le sac, le téléphone, l’heure,

Tout est bon.

Et pourtant, ton esprit cherche encore.

Est-ce que j’ai oublié quelque chose ?

Tu connais peut-être cette sensation,

Cette impression que si tu relâches ton attention, quelque chose va forcément t’échapper.

Alors tu anticipes,

Tu prévois,

Tu organises,

Tu vérifies,

Tu penses à ce qui pourrait arriver avant même que cela n’arrive.

Et lorsque quelqu’un te dit : « Mais lâche un peu prise… »

Tu pourrais presque sourire.

Parce que, bien sûr, tu aimerais.

Mais comment fait-on pour lâcher prise lorsque contrôler est précisément ce qui nous donne l’impression que tout va bien ?

🌿Quand tout contrôler devient une façon de se rassurer

On parle souvent du contrôle comme d’un défaut.

On dit d’une personne qu’elle est trop exigeante, perfectionniste, qu’elle veut tout gérer, qu’elle devrait apprendre à déléguer.

Mais derrière ce besoin de contrôle se cache parfois quelque chose de beaucoup plus subtil.

Un besoin de sécurité.

Lorsque tu anticipes, tu réduis l’incertitude,

Lorsque tu organises, tu sais où tu vas,

Lorsque tu vérifies, tu limites le risque d’erreur,

Lorsque tu prends les choses en charge toi-même, tu sais qu’elles seront faites.

Et pendant un temps, cela fonctionne plutôt bien.

Tu deviens celle sur qui l’on peut compter,

Celle qui pense à tout,

Celle qui trouve des solutions,

Celle qui garde la tête froide lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu.

Cette capacité peut même devenir une force.

Le problème n’est donc pas d’aimer organiser sa vie.

Le problème commence lorsque tu ne te sens plus capable d’être sereine si tu ne maîtrises pas ce qui va se passer.

Car à ce moment-là, le contrôle ne te sert plus seulement à organiser,

Il commence à prendre beaucoup de place.

🌿« Si je ne m’en occupe pas, je ne suis pas tranquille »

Tu délègues quelque chose… mais tu vérifies derrière,

Quelqu’un te dit : « Ne t’inquiète pas, je m’en occupe »… mais une partie de toi continue d’y penser,

Un imprévu arrive et tu sens immédiatement une tension monter,

Tu pars en vacances, mais tu prépares des listes pour être certaine que rien ne soit oublié,

Tu as enfin une soirée sans obligation et, plutôt que de profiter du vide, ton esprit cherche déjà comment le remplir.

Ce fonctionnement est parfois tellement installé qu’on ne le remarque même plus.

On pense simplement : « Je suis comme ça. »

Mais sommes-nous réellement « comme ça » ?

Ou avons-nous appris, à un moment de notre histoire, que prévoir était plus rassurant que ne pas savoir ?

Que faire soi-même était plus sûr que faire confiance ?

Qu’être préparée permettait d’éviter les mauvaises surprises ?

Qu’être forte permettait de ne pas montrer que l’on pouvait aussi avoir peur ?

C’est là que le regard commence à changer.

Parce qu’au lieu de te demander :

« Pourquoi suis-je incapable de lâcher prise ? »

Tu peux commencer à te demander :

« Qu’est-ce que mon besoin de contrôle essaie de protéger ? »

Et cette question est très différente.

🌿Pendant longtemps, j’ai cru que contrôler me protégeait

Je connais ce fonctionnement parce que je l’ai moi-même beaucoup expérimenté.

Pendant longtemps, anticiper m’a rassurée.

J’avais besoin de savoir, de prévoir, de garder la main.

Et lorsque quelque chose échappait à ce que j’avais imaginé, cela pouvait rapidement créer de l’inconfort.

À cette époque, je n’aurais probablement pas dit : « J’ai besoin de contrôler pour me sentir en sécurité. »

J ’aurais simplement pensé : « Je suis organisée. »

Ou : « Si je ne le fais pas, ce ne sera pas fait. »

Ou encore : « Je préfère prévoir, au moins je suis tranquille. »

Mais avec le recul et tout le chemin que j’ai parcouru, j’ai compris que derrière cette organisation permanente se cachait aussi une forme d’hypervigilance.

Toujours regarder un peu plus loin,

Toujours anticiper ce qui pourrait arriver,

Toujours essayer de ne pas être prise au dépourvu.

Le contrôle me donnait une sensation de sécurité.

Mais cette sécurité avait un prix.

Parce que lorsque ton esprit cherche constamment à anticiper, il se repose très peu.

Et je l’ai compris d’autant plus fortement lorsque mon corps et mon équilibre ont fini par ne plus suivre le rythme que je leur imposais.

Mon chemin à travers l’anxiété, puis l’épuisement, m’a obligée à regarder autrement cette femme qui voulait tellement bien faire.

Je n’avais pas besoin de lui reprocher de vouloir tout contrôler,

J’avais besoin de comprendre pourquoi elle avait eu autant besoin de le faire.

Et surtout, de lui apprendre progressivement qu’elle pouvait se sentir en sécurité autrement.

🌿Derrière le contrôle, il y a parfois la peur de ne pas être à la hauteur

Le besoin de contrôle peut prendre des visages très différents.

Chez certaines femmes, il se glisse dans l’organisation,

Chez d’autres, dans le perfectionnisme.

Il peut aussi apparaître dans le besoin de prévoir ce que les autres vont penser, de préparer mentalement une conversation avant qu’elle ait lieu, de repasser ensuite chaque mot dans sa tête.

Est-ce que j’ai bien fait ?

Est-ce que j’aurais dû répondre autrement ?

Est-ce qu’elle m’en veut ?

Est-ce que j’en fais assez ?

Et parfois, derrière toutes ces questions, il en existe une autre :

« Est-ce que je suis à la hauteur ? »

Alors on essaie d’éviter l’erreur,

On veut faire correctement,

On veut être une bonne mère, une bonne compagne, une bonne professionnelle, une bonne amie.

Et lorsqu’on a longtemps associé sa valeur à ce que l’on réussit à faire pour les autres, ne plus tout maîtriser peut devenir particulièrement inconfortable.

Car si je ne contrôle plus…

Que se passe-t-il si je me trompe ?

Si quelqu’un est déçu ?

Si tout n’est pas parfait ?

Si je ne suis finalement pas aussi forte que les autres le pensent ?

Le contrôle devient alors une armure discrète,

Elle ne ressemble pas à une armure,

Elle ressemble à une femme efficace,

Mais elle peut être lourde à porter.

🌿Lâcher prise ne veut pas dire « ne plus rien contrôler »

C’est probablement l’une des idées qui m’a le plus aidée.

Pendant longtemps, lorsque j’entendais « lâcher prise », j’imaginais presque qu’il fallait devenir détachée de tout,

Ne plus prévoir,

Ne plus organiser,

Accepter n’importe quoi,

Faire confiance aveuglément.

Mais ce n’est pas cela.

Lâcher prise, ce n’est pas renoncer à agir sur ce qui dépend de toi,

C’est commencer à reconnaître ce qui n’en dépend pas.

Tu peux préparer un rendez-vous,

Tu ne peux pas contrôler la réaction de la personne en face de toi,

Tu peux accompagner tes enfants,

Tu ne peux pas leur éviter toutes les difficultés de leur vie,

Tu peux faire de ton mieux dans ton travail,

Tu ne peux pas empêcher toutes les erreurs ou tous les imprévus,

Tu peux prendre soin de tes relations,

Tu ne peux pas contrôler ce que les autres pensent de toi.

Et lorsque l’on commence à distinguer ces deux espaces, quelque chose peut doucement s’alléger,

Pas en une journée,

Pas avec une phrase magique,

Mais petit à petit.

🌿Le contrôle ne se lâche pas uniquement avec la tête

C’est aussi ce que j’ai découvert dans mon propre parcours et dans ma pratique.

On peut comprendre énormément de choses intellectuellement,

Tu peux savoir que tu ne peux pas tout contrôler,

Tu peux savoir que certaines inquiétudes sont disproportionnées,

Tu peux savoir que tu devrais déléguer davantage,

Tu peux même te répéter vingt fois : « Allez, lâche prise. »

Et pourtant, à l’intérieur, quelque chose reste en alerte.

C’est pour cette raison que j’aime travailler avec des approches qui ne passent pas uniquement par la réflexion.

La sophrologie, par exemple, peut permettre de revenir aux sensations, à la respiration, à l’instant présent, et d’expérimenter progressivement une autre façon d’être avec soi.

Parce que lorsque ton esprit est constamment projeté dans :

Et si… ?

Il faut que…

Je dois penser à…

Revenir à ce qui est réellement présent ici et maintenant peut déjà créer un espace différent,

Pas pour faire disparaître toutes les pensées,

Mais pour ne plus être obligée de les suivre chacune.

🌿Et parfois, comprendre l’origine ne suffit pas

Il existe aussi des réactions qui semblent plus profondément ancrées.

Tu sais qu’une situation actuelle n’est pas réellement dangereuse, mais elle déclenche en toi une réaction très forte,

Tu sais que tu peux faire confiance, mais quelque chose résiste,

Tu comprends pourquoi tu fonctionnes ainsi, mais tu as l’impression de revenir toujours au même endroit.

Dans mon accompagnement, c’est notamment dans ces situations que le travail avec les mouvements oculaires peut avoir sa place.

L’objectif n’est pas d’effacer ton histoire ni de te transformer en quelqu’un qui ne ressent plus rien.

Il s’agit plutôt de travailler sur certaines expériences ou réactions qui continuent à avoir un poids dans le présent, lorsqu’elles sont adaptées à cette approche et dans le cadre de mon accompagnement.

Parce qu’il arrive que le besoin de tout maîtriser ne soit pas seulement une habitude,

Il peut aussi être relié à ce que nous avons appris, vécu ou ressenti à certaines périodes de notre vie.

Et dans ces moments-là, dire simplement à quelqu’un :

« Tu dois apprendre à lâcher prise »

Peut être terriblement réducteur.

Cette femme n’a peut-être pas besoin qu’on lui apprenne à être moins contrôlante,

Elle a peut-être besoin de découvrir qu’elle peut se sentir suffisamment en sécurité sans avoir à tout surveiller.

🌿Commence par une toute petite chose

Alors comment commencer ?

Pas en décidant demain matin de tout lâcher.

Je te propose plutôt une expérience,

Choisis une toute petite chose que tu contrôles habituellement,

Quelque chose sans enjeu important,

Et cette fois…

Laisse quelqu’un d’autre s’en occuper,

Sans vérifier,

Ou laisse une tâche attendre demain,

Ou pars faire une promenade sans avoir prévu exactement ton parcours,

Ou accepte qu’un repas soit simplement « suffisamment bien »

Puis observe,

Pas ce qui se passe autour de toi,

Ce qui se passe en toi.

Est-ce que tu ressens de l’inconfort ?

L’envie de reprendre la main ?

Une petite inquiétude ?

Une pensée qui te dit que tu aurais mieux fait toi-même ?

Ne te juge pas,

Sois simplement curieuse.

Et demande toi :

« Qu’est-ce que j’ai peur qu’il se passe si je ne contrôle pas cela ? »

La réponse peut parfois être très concrète.

Mais parfois, derrière : « J’ai peur que ce soit mal fait »

Se cache : « J’ai peur qu’on me le reproche. »

Et derrière : « J’ai peur d’oublier quelque chose »

Se cache : « J’ai peur de ne pas être à la hauteur. »

C’est souvent là que commence le véritable travail.

🌿Tu peux être une femme solide sans être constamment en contrôle

J’aimerais que tu gardes cela avec toi après avoir refermé cette chronique.

Tu n’as pas besoin de devenir une femme totalement différente,

Ton organisation, ton sens des responsabilités, ta capacité à anticiper peuvent être de très belles qualités,

Il ne s’agit pas de les abandonner,

Il s’agit de pouvoir choisir quand elles te servent…et reconnaître quand elles commencent à t’épuiser.

Parce qu’il existe une différence immense entre :

« Je choisis d’organiser »

et

« Je dois tout contrôler pour être rassurée. »

La première laisse de la liberté,

La seconde en laisse beaucoup moins,

Et peut-être que te choisir, aujourd’hui, c’est commencer à te donner cette liberté,

La liberté de ne pas savoir,

La liberté de ne pas tout prévoir,

La liberté de laisser quelqu’un d’autre faire à sa manière,

La liberté de ne pas être parfaite,

La liberté, aussi, d’être soutenue.

Si tu te reconnais dans ces mots et que tu sens que ce besoin de contrôle prend beaucoup de place dans ton quotidien, la sophrologie peut être une première façon de travailler sur le retour au calme, la présence à soi et le lâcher-prise. Selon ce qui émerge et ce qui est adapté à ta situation, mon approche peut également intégrer d’autres outils, notamment le travail par mouvements oculaires, le massage du ventre Belly Révolution.

Je t’accompagne à mon cabinet de Monteux pour retrouver progressivement un fonctionnement dans lequel tu n’as plus besoin de tout porter et de tout maîtriser pour avancer.

Mais avant de penser à changer quoi que ce soit, j’aimerais simplement te laisser avec cette question :

Si tu n’avais plus besoin de tout contrôler pour te sentir en sécurité… qu’est-ce que tu t’autoriserais enfin à vivre ?

Parce qu’une femme qui se choisit s’autorise enfin à s’épanouir.

Merci de m’avoir lu 💚